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jeudi 17 mai 2012

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie

Un bref passage pour vous rappeler qu'aujourd'hui 17 Mai a lieu la Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie.



L'occasion de ne pas oublier que dans bon nombre de pays, l'homosexualité est passible de peines de prison et/ ou châtiments corporels et que dans 7 états, c'est la peine de mort qui est appliquée.

Mais en France aussi les discriminations persistent, et selon le dernier rapport de SOS Homophobie, elles seraient surtout le fait de l'entourage (voisinage, famille, collègues).

"Le nombre de témoignages reçus en 2011 sur des actes d'homophobie au travail est en forte hausse par rapport aux années précédentes (+ 36 %). Ce sont majoritairement des hommes de 35 à 50 ans, vivant en province, et recevant des insultes de la part de leur supérieur hiérarchique qui ont témoigné. Une situation inquiétante qui s'expliquerait, pour l'association, par la situation de crise économique. "Pour renvoyer des gens sans les licencier, on peut choisir la solution du harcèlement", estime Elisabeth Ronzier. Les victimes n'osent souvent pas porter plainte et quittent d'eux-mêmes leur emploi.
La même logique prévaut dans les rapports de voisinage. "Les occasions ne manquent pas d'utiliser l'homosexualité réelle ou supposée ou la transidentité pourenvenimer un conflit banal. Parce qu'elles s'inscrivent dans une sphère privée où l'agresseur est dans la plupart des cas une personne identifiée, beaucoup de victimes ne souhaitent pas porter plainte, pour ne pas aggraver la situation ou par peur de représailles", peut-on lire dans le rapport."
"Le 13 décembre 2011, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a dressé un état des lieux du suicide en France en s'intéressant particulièrement aux "minorités sexuelles face au risque suicidaire". Dans l'éditorial du bulletin hebdomadaire, Jean-Louis Terra, professeur de psychiatrie à l'Université Claude-Bernard de Lyon écrit que "l'homophobie, et non l'orientation sexuelle par elle-même, est le principal facteur qui peut induire un sur-risque de crise suicidaire et de tentative de suicide". Un constat partagé par l'expérience de SOS Homophobie."
"Selon le rapport, si les insultes restent majoritaires, les altercations dégénèrent bien souvent en agression physique. Les récits sont nombreux, souvent suivant le même schéma : des personnes de même sexe sont interpellées verbalement par des personnes souvent en groupe, et les insultes fusent. Comme l'histoire de Justine : sortie fumer devant un bar gay, elle se fait accoster par deux femmes visiblement éméchées qui la traitent de "sale lesbienne" et la jettent à terre pour lafrapper, finissant par s'échapper en lui volant son portable.
Les témoignages sur les agressions visant les lesbiennes dans les lieux publics ont été plus nombreux cette année. Suzanne témoigne : alors qu'elle embrassait sa compagne sur le quai du RER, un homme surgit et met sa main dans le soutien-gorge de sa copine. Pour SOS Homophobie, "ces situations démontrent qu'une relation homosexuelle entre femmes est acceptée tant qu'on laisse une possibilité à l'homme d'y participer comme dans le schéma intégré de la pornographie. Dans le cas contraire, l'agressivité surgit." "
Diverses manifestations auront lieu aujourd'hui dont un magnifique projet, celui de dessinateurs d'univers très différents, tous réunis pour la même cause. Le projet s'intitule sobrement Projet 17 mai, et je vous invite à y jeter un oeil ici même : http://www.projet17mai.com/
La lutte contre l'homophobie n'est PAS un combat d'arrière-garde et les choses ne sont pas acquises comme certains essaient de le faire croire. L'homophobie est vécue au quotidien et pousse des gens simplement amoureux au suicide ou à vivre caché.
"If a bullet should enter my brain, let that bullet destroy every closet door"